
Enfin le jour tant attendu arriva. Marguerite se demandait vraiment si on ne l’avait pas oublié car rien de particulier ne se passait. C’était un mardi matin, et comme les autres jours, elle est partie à l’école. Louis qui l’accompagnait n’a rien dit de spécial, ni à l’aller ni au retour. Ils avaient vraiment tous oublié !
Mais en arrivant à la maison, Marguerite remarqua que les chaussures de Papa étaient là. Ce n’était pas normal. Au moment où elle ouvrait la porte de la salle à manger pour aller prendre le goûter, un air joyeux éclata « Joyeux Anniversaire ! Joyeux Anniversaire ! Joyeux Anniversaire, Marguerite ! Joyeux Anniversaire ! ». Toute la famille était là ! Maman dans sa robe rouge (celle que préfère Marguerite), Papa (rentré très tôt du travail), Eugénie, la grande sœur qu’on ne voit plus beaucoup depuis qu’elle étudie à Paris, et même Nanny ! Pour une surprise, c’est une grande surprise et Marguerite se précipite pour les embrasser tous en commençant par Nanny.
Alors la cérémonie habituelle se déroule, Maman allume les 10 bougies. Marguerite essaie de les souffler toutes d’un coup pendant que Papa fait des photos avec son nouvel appareil numérique. La bougie farce se rallume, pas longtemps car Marguerite la prend et la retourne dans le gâteau. Et puis c’est le moment des cadeaux. Les parents lui ont offert une robe rouge, Eugénie lui a ramené un livre de photos de Paris, Louis lui a acheté un sucre d’orge et Nanny lui tend une enveloppe allongée en la regardant d’un air malicieux.
Vite, Marguerite ouvre l’enveloppe. Dedans, il y a une série de cartons verts un peu comme les grands billets de chemin de fer, mais pas de SNCF dans le coin. Elle est tellement énervée qu’elle n’arrive pas à déchiffrer autre chose que son nom et une date : 10/07/03. C’est alors que Papa lui prend le billet des mains, le regarde et se tourne en colère vers Nanny : « Mais on vous avait dit Madeleine que nous ne voulions pas envoyer Marguerite à l’étranger toute seule ? » « Mais elle ne sera pas seule mon cher gendre » réplique aussitôt Nanny, « moi aussi j’ai un billet pour partir à Florence ! » en sortant un second billet de son sac à main. « Oh Nanny ! comme je suis contente » dit Marguerite qui manque de faire tomber sa grand-mère en courant vers elle pour l’embrasser.
Louis se dit que Marguerite a bien de la chance, et qu’il aimerait être du voyage. Mais dans le fond de son cœur, il est content pour sa petite sœur.