Tout est allé très vite. Nanny est retournée chez elle après l’anniversaire pour préparer le voyage. Eugénie a conduit Marguerite à Roissy en train, et là elles ont retrouvé Nanny au guichet où il faut se faire enregistrer. Leurs valises ont été étiquetées et sont parties sur un tapis roulant pour aller dans la soute de l’avion. Elles attendent maintenant les instructions dans la salle d’embarquement. C’est la première fois qu’elles prennent l’avion et elles regardent de leurs quatre yeux. Elles sont assises dans une grande salle pleine de sièges, avec des appareils de télévision qui indiquent les heures de départ des avions. Pour elle, c’est Paris - Florence : 14h30 (embarquement immédiat). Par les grandes baies vitrées on voit des pistes à perte de vue et des avions qui atterrissent, alors que d’autres décollent et que beaucoup attendent. Près de la porte du fond, deux dames en uniforme d’Air France viennent d’arriver et rangent leurs papiers. Marguerite a envie de faire pipi ; heureusement il y a des toilettes, elle se dépêche d’y aller pour ne pas manquer le départ.
Mais ce n’est que 20 minutes après, qu’une des dames appelle au micro : « Les passagers pour Florence sont priés de se présenter à la porte 17. ». Il y a un gros 17 juste au dessus d’elle. Les autres voyageurs se lèvent alors et se dirigent vers la porte. Nanny et Marguerite en font autant. La dame vérifie les billets et tout le monde s’engouffre dans un espèce de couloir en pente qui arrive juste à la porte de l’avion. Des hôtesses de l’air sont là qui indiquent leurs places aux voyageurs. Elles ont les sièges numéros 14F et 14E. Le 14F est tout près d’un hublot, c’est Marguerite qui s’y installe. Nanny préfère lui laisser la place car elle n’est pas trop rassurée ; Marguerite est bien contente car elle pourra regarder le paysage.
Encore 20 minutes d’attente, le temps que tout le monde se place et qu’on ferme les portes de l’avion. Puis l’avion recule doucement et se dirige avec ses moteurs vers la piste d’envol. Nanny ferme les yeux, au contraire Marguerite regarde tout ce qu’elle peut. Enfin le commandant de bord annonce « décollage immédiat ». Il fait ronfler les moteurs, et l’avion se met à rouler, vite, toujours plus vite, encore plus vite… mais il ne décolle pas ! Marguerite se demande s’il n’y a pas un problème quand tout à coup l’avion se redresse et quitte le sol. Ca y est les voilà vraiment parties.
Très vite, les immeubles deviennent petits. On distingue bien l’autoroute, mais les camions sont minuscules. Mais l’avion se penche du côté opposé de Marguerite qui ne voit plus que le bleu du ciel. Puis il continue de monter et on ne voit plus que les forêts, les champs, un lac de plus en plus lointain, les rivières lorsqu’elles reflètent le soleil. Un monsieur derrière Marguerite se réjouit : « on a une vue splendide la traversée des Alpes va être fantastique ! ».

Marguerite regarde un peu dans l’avion, les hôtesses ont commencé de donner des boissons avec leur minuscule chariot qui occupe tout le couloir central. Elle prend un jus de pamplemousse avec un glaçon ; Nanny préfère un thé. Puis Marguerite s’assoupit, elle est fatiguée ; elles ont pris le premier train de 5 heures 30 du matin avec Eugénie. Quand elle se réveille, l’avion vole toujours, il y a un grand soleil. Mais quand elle regarde par le hublot, elle ne voit que le blanc du dessus des nuages ; ils cachent tout alors que le commandant de bord annonce par haut-parleur « Nous sommes au dessus des Alpes et venons de franchir la frontière avec l’Italie. Nous allons arriver dans 45 minutes ». Les nuages sont comme de grosses touffes de coton, mais en plus lisses, avec le soleil c’est très éblouissant de les observer. Marguerite se rendort et c’est Nanny qui la réveille pour lui dire « Marguerite, nous sommes arrivées à Florence ».