La deuxième semaine de leur séjour, Marguerite demande à Henri de retourner visiter la Galerie. Elle veut revoir l’Annonciation qui l’a tant frappée la première fois, mais aussi elle s’intéresse maintenant beaucoup à l’art. Se retrouvant devant son tableau préféré, elle remarque immédiatement que l’œil du moine n’est plus le même : de marron il est devenu bleu ! Troublée, elle en fait part à Henri qui lui réplique que ce n’est pas possible.
« Mais si, je t’assure Henri, j’avais trouvé qu’il ressemblait à papa, c’est pour ça que j’en suis sure ! ». A ce même moment, l’expert incontesté de la période du XVème passe dans le couloir. Henri qui le connaît bien l’interpelle et lui demande de venir lui-même convaincre cette petite entêtée qu’elle a rêvé. L’expert est pressé mais pour faire plaisir à son ami, il s’approche du tableau en expliquant qu’il a rendez-vous chez le directeur et est déjà en retard. Mais il ne termine pas toutes ses explications, arrivé à un mètre de la peinture, il se fige, pâlit et crie « Mon Dieu, dîtes-moi que je rêve ! ». Il semble comme devenu fou, il regarde les détails les plus petits et chacun paraît le jeter encore plus dans l’effroi. Moins de deux minutes après, il repart en courant « Monsieur le Directeur, Monsieur le Directeur, c’est épouvantable ! ». Nos amis, médusés (surtout Henri qui comprenait que Marguerite a vu juste) le regardent s’éloigner.

Ils n’ont pas longtemps à attendre pour connaître la suite des événements. L’expert, le directeur et d’autres collaborateurs reviennent en courant et en criant. Tous confirment que la toile n’est plus l’original, et pire encore que beaucoup d’autres aussi ont été remplacées. Il s’agit donc probablement d’un vrai trafic de tableaux. Le directeur qui craint pour la réputation de son musée, fait fermer la salle et demande à tous les présents de venir dans son bureau.
Dans le spacieux bureau du directeur, Marguerite doit répéter comment elle a fait sa découverte. Elle est félicitée pour son esprit d’observation, mais tout le monde se désole des pertes irréparables qu’ils viennent de constater. Marguerite demande alors pourquoi on n’interrogerait pas le gardien de la salle, celui qui examinait en même temps qu’elle l’Annonciation l’autre jour. Elle précise pour confirmer son don d’observation : « je crois que c’est celui qui porte une perruque. ! ». Le directeur la fait répéter, car il ne connaît aucun gardien portant perruque.
Il apporte les photos de tous les gardiens, aucun ne correspond à l’homme, déguisé en gardien qui avait bousculé Marguerite ! Marguerite fait une description aussi bonne que possible de l’homme, elle mentionne en particulier qu’il louche et l’inspecteur de police qui venait d’arrivé est capable de dresser un portrait robot grâce à toutes ses indications.
On en était là des discussions quand une petite fille portant de grands cheveux bruns dans le dos arrive brutalement dans la pièce. Elle se dirige vers l’expert et commence à lui faire des reproches en italien. Il s’agit de sa fille qu’il a oublié de chercher à la sortie de son cours de tennis. Quand son père lui explique la situation, cause de son oubli, elle se calme un peu et se tourne vers Marguerite avec un grand sourire « Bravo, Margarita. Tou ètè formidablé ». Marguerite est très contente de rencontrer quelqu’un de son âge et se prend instantanément d’amitié pour elle.