Au XXIe siècle, l’émigration vers un travail et une vie meilleure est un
défi majeur de notre
société. Les pauvres de partout fuient la famine, l’oppression, les
menaces de mort,
l’expulsion, la destruction de la nature. Les travailleurs migrants sont
acculés à des conditions
de travail dégradantes, sans accès au droit du travail minimum. Ils sont
victimes de trafiquants
et sont souvent contraints à la prostitution, reconduits au pays sans aucune
protection légale.
Tandis que nous les saluons en ce jour qui est le leur (jour international du
travail), il reste un
fait que de nombreux travailleurs subissent la répression. L’inégalité
pour ce qui est des
salaires, des conditions de travail et de sécurité n’a guère évolué
depuis plus de cent ans pour
les travailleurs migrants.
Dans de nombreux pays, les
migrants sont obligés de travailler un minimum de 16 heures par
jour, alors que les travailleurs du pays ne travaillent 8 heures par jour.
Les migrants souffrent quotidiennement de la faim et des persécutions. Ils
sont souvent
exploités par des intermédiaires et des politiques locaux, car il n’y a
pas de code du travail
adapté à la protection de leurs droits.
La mondialisation économique, basée sur des politiques néolibérales, a des
conséquences
néfastes qui conduisent à l’appauvrissement puis à l’émigration. La
politique commerciale
injuste de la Banque mondiale, de l’OMC et du FMI, détruit les structures
économiques dans
de nombreux pays et empêche un développement durable. Les gouvernements des
pays du G8
ne proposent que des politiques symboliques, pas de vraies solutions. Ils
divisent les
travailleurs en deux catégories : avec ou sans papiers, ces derniers étant
déclarés illégaux et
pourchassés.
Pour nous chrétiens, les migrants
sont nos frères et soeurs. Accueillir le migrant, c’est accueillir
Dieu parmi nous. Il n’y a pas d’étranger dans la Bible. L’évangile de
l’amour du prochain,
chez soi et à l’étranger (Mt 22, 34-40) exige de nous des actions de
solidarité sans ambiguïté
avec notre frère étranger. La dignité de l’homme est une nécessité pour
Dieu.
Nous avons vocation de rejoindre la lutte et la vie des travailleurs du monde
; grâce à nos
actions avec et pour les travailleurs, nous voyons des signes d’espoir dans
les mouvements de
tous les continents.
Le Mouvement mondial des travailleurs chrétiens est convaincu que le
problème des
travailleurs migrants est devenu un défi pour le monde. À la veille du 1er
mai, fête
internationale du travail, le MMTC salue tous les travailleurs et encourage à
la solidarité avec
tous, quel que soit leur pays, qu’ils aient ou non des papiers.
Nous croyons dans la création de réseaux et d’alliances avec d’autres
organisations de
travailleurs au niveau mondial qui luttent pour que justice soit faite aux
travailleurs migrants. Il
faut faire pression sur les gouvernements pour introduire des articles de loi
protégeant les
droits des migrants.
Nous voulons défiler pour une société mondiale basée sur la dignité
humaine, comme il est
écrit dans la déclaration des droits de l’homme des Nations-unies. C’est
notre devoir, ici et
maintenant, de travailler à un avenir.
Conseil exécutif du MMTC ( Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens )